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Les syndicats alertent sur la hausse des prix des carburants

La guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix des carburants. La FNSEA et la Coordination rurale s'inquiètent.

À l’approche des semis de printemps, la FNSEA et la Coordination rurale s’inquiètent des fortes hausses du prix du gazole non routier (GNR) depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Les deux syndicats interpellent le gouvernement.

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Mercredi 4 mars 2026, dans un communiqué sur ses réseaux sociaux, la FNSEA s’est inquiétée des hausses brutales des prix du gazole non routier (GNR). Selon le syndicat majoritaire, cette flambée menacerait « directement l’activité agricole ». Aujourd’hui, la crise au Moyen-Orient entraîne une hausse significative du prix du GNR, passé de 700 à 900 euros les mille litres. Le gaz atteint 60 dollars/MWh (+85 %). La fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 33 % des engrais mondiaux, accentue la tension sur les marchés. De plus, ces derniers jours, le prix de l’urée a déjà bondi de 13 %, inquiétant fortement le monde agricole.

Cette augmentation est d’autant plus incomprise de la part de l’organisation syndicale que le gouvernement avait assuré ces derniers jours que « les tensions internationales n’auraient qu’un impact limité sur les prix des carburants ».

Une situation « particulièrement préoccupante »

Partout en France, de nombreuses FDSEA font déjà remonter des hausses brutales chez certains fournisseurs, « parfois très supérieures aux quelques centimes évoqués par l’exécutif », souligne le syndicat dans son communiqué. « Pour les agriculteurs, cette situation est particulièrement préoccupante. »

Cette hausse des prix vient aggraver une conjoncture déjà marquée « par des prix agricoles insuffisants et des marges très faibles ». Cette augmentation fragiliserait « l’équilibre économique des exploitations ». « Nos agriculteurs sont aujourd’hui dans les champs. Ils travaillent pour nourrir le pays. Ils n’ont pas besoin d’une nouvelle flambée des charges qui viendrait encore leur mettre la tête sous l’eau », a expliqué Arnaud Rousseau, président de la FNSEA.

La FNSEA demande au ministre de l’Économie, Roland Lescure, de « faire toute la transparence sur l’évolution réelle des prix du GNR et des carburants professionnels » et de « renforcer immédiatement les contrôles pour éviter toute hausse abusive ». Dans un moment où l’agriculture française traverse déjà des crises profondes, « il est indispensable que l’État agisse rapidement pour éviter qu’une crise géopolitique ne se transforme en nouvelle crise économique pour nos exploitations », insiste le syndicat agricole.

« Même avant le conflit, on était déjà en difficulté »

En réaction à la publication du communiqué de la FNSEA, Dominique Desplat, exploitant agricole à Joze (Puy-de-Dôme), a commenté que « même avant le conflit, on était déjà en difficulté. La menace ne fait qu’augmenter ». Sur la période de 2024-2025, l’agriculteur a dépensé 84 euros de l’hectare en GNR sur son exploitation, soit l’équivalent de 6 % de ses charges fixes. En comparaison, pour la période de 2025-2026, ce producteur d’asperges a déboursé 97 euros en GNR, soit 6,9 % de ses charges fixes.

Si la hausse du prix du GNR se fait sentir sur les charges des agriculteurs, d’après Dominique Desplat, la problématique du carburant s’apparenterait à « une goutte d’eau dans un océan de difficultés ». L’exploitant agricole invite les syndicats à davantage interpeller le gouvernement sur des sujets tels que les clauses miroirs ou le renouvellement des générations plutôt que de centrer le débat sur la montée des prix du carburant.

La Coordination rurale demande la mise en place d’un bouclier tarifaire

De son côté, aussi inquiète de la flambée des prix du GNR, dans un communiqué de presse, la Coordination rurale a formulé des propositions au gouvernement « pour préserver l’avenir de l’agriculture française ». Le syndicat préconise ainsi « la mise en place immédiate d’un bouclier tarifaire pour plafonner le prix de l’électricité et du gaz à usage agricole ». Par ailleurs, l’organisation syndicale demande également qu’une réflexion nationale sur les techniques de production des engrais et sur la réimplantation de leur production en France et dans l’Union européenne soit menée de façon urgente en concertation avec les syndicats agricoles et les représentants des entreprises chimiques. « Il en va, là encore, de l’avenir de notre souveraineté alimentaire. »

Selon le syndicat, cette crise géopolitique doit être aussi l’occasion de « réfléchir à des réformes d’ampleurs attendues par l’ensemble du monde agricole », comme « les prix rémunérateurs pour les producteurs », « la décarbonation de la production agricole » ou encore « le retour à une souveraineté alimentaire effective ».

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